Vivre dans un pays étranger est une expérience personnelle et culturelle riche. Après 3 ans aux États Unis j'ai appris beaucoup de choses sur la culture et les moeurs des Américains. J'ai découvert plein de choses que j'aime (les glaces Blue Bell, scifi friday, Michaels, Fuddruckers, ...) et d'autres que j'aime nettement moins (sympa $150 pour aller dire bonjour à son médecin). Mais surtout cette expérience m'a profondément transformée. J'ai dû apprendre la diplomatie.
J'ai toujours eu une grande bouche et en général je dis ce que je pense sans pincettes.
Il y a beaucoup de choses que je désapprouve dans la société américaine. Malheureusement, j'ai découvert à mes dépens que même les américains les plus ouverts acceptent très mal ou pas du tout les critiques de leur société par des étrangers (j'ai failli me faire sortir d'un dîner pour avoir dit que je trouvais que le mode de vote américain n'était pas assez démocratique)(et je maintiens ma position par ailleurs)(et je tiens à préciser que je ne comparais pas au système français).
Comme je refuse d'arrêter de discuter politique juste parceque je suis étrangère, j'ai dû arrondir les angles. Sur chaque sujet je dois trouver des points positifs (réels ou fictifs, que j'approuve ou non) pour contrebalancer mes opinions et surtout autant que possible éviter toute comparaison avec " in my country...". 
Par exemple, je ne peux pas dire, "je trouve que votre système éducatif est discriminatoire et nul à chier". Par contre je peux dire, "C'est vrai que de payer $25000 par an pour une éducation universitaire donne vraiment le sens de l'accomplissement et des résponsabilités et pousse à travailler dur pour avoir son diplôme. Cependant, s'endetter sur 30 ans peut peut-être attendre l'achat de la maison et d'autre part les statistiques montrent que les étudiants américains n'ont pas de meilleurs résultats aux tests standardisés que leurs équivalents européens où l'éducation est majoritairement gratuite.  D'autre part, ces prix élevés empêchent sans doute "quelques" personnes defavorisées d'avoir accès à une éducation supérieure, non?"

D'un côté, cette expérience m'a vraiment ouvert l'esprit et m'a permis de réfléchir à nouveau à des sujets sur lesquels j'avais des opinions fermes et définitives.
De l'autre, mes opinions n'ont pas changées et je trouve ça épuisant de toujours devoir réflechir à ce que je dis au cas ou ça pourrait offenser quelqu'un.
On est bientôt arrivés?

Vive la liberté d'expression!